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Voici notre réaction envoyée lors de la consultation sur le Schéma de Développement de l'Espace Régional . Table des matières.
1 Table des matières. 2 UN DOCUMENT AUX OPTIONS GLOBALEMENT POSITIVES... *3 OBSERVATIONS QUANT A LA NATURE DU SDER *3.1 LE PROBLEME DE LEFFICACITE CONCRETE DU SDER, QUI NE SERAIT QUUN RECUEIL DORIENTATIONS GENERALES SANS FORCE OBLIGATOIRE NI VALEUR REGLEMENTAIRE. *3.2 LE RISQUE DINSTABILITE URBANISTIQUE EN RAISON DU CARACTERE EVOLUTIF DU SDER *3.3 LE PROBLEME DE LA FRAGILITE DE LA POSITION DU SDER AU SOMMET DE LA PYRAMIDE DES DOCUMENTS DAMENAGEMENT *3.4 LE PROBLEME DU SORT QUI SERA RESERVE AUX GRANDS PROJETS DAMENAGEMENT DEJA EN COURS DELABORATION AU MOMENT DE LENTREE EN VIGUEUR DU SDER *4 OBSERVATIONS CONCERNANT LA PREMIERE PARTIE: ANALYSE DE LA SITUATION ET TENDANCES POUR LAVENIR *4.1 LE PROBLEME DE LA PERCEPTION NEGATIVISTE DU CARACTERE RURAL ET NATUREL DE LA WALLONIE *4.2 LOUBLI DE LA PROBLEMATIQUE DE LA POLLUTION PAR LA LUMIERE *5 OBSERVATIONS CONCERNANT LA DEUXIEME PARTIE: PROJET DE DEVELOPPEMENT SPATIAL *5.1 PROBLEMES POSES PAR LE DEVELOPPEMENT ENVISAGE DE LAXE BRUXELLES-NAMUR-LUXEMBOURG *5.2 DES OPTIONS INSUFFISAMMENT CONCRETES EN CE QUI CONCERNE LES RESEAUX ECOLOGIQUES *6 OBSERVATIONS CONCERNANT LA TROISIEME PARTIE: MISE EN OEUVRE DU PROJET *6.1 LES CONDITIONS DEFFICACITE DES REVISIONS DES PLANS DE SECTEUR ET DES SCHEMAS DE STRUCTURE, EN TANT QUINSTRUMENTS DAMENAGEMENT *6.2 LES CONDITIONS DEFFICACITE DES COLLABORATIONS TRANSVERSALES *6.3 LA MISE EN VALEUR DU PATRIMOINE *6.4 LA MOBILITE LENTE TROP PEU ABORDEE *7 Application du SDER à un cas concret : la Commune de Beauvechain et ses environs. *7.1 Projet de la Zone dActivité Economique (ZAE) dIncourt qui devrait respecter les principes de développement durable suivants énoncés dans le SDER : *7.2 Mobilité. *7.3 Protection de la nature : *8 Annexe *8.1 CRÉATION D'UNE ZONE D'ACTIVITÉS AGRO-ÉCONOMIQUES *
LE SDER: UN DOCUMENT AUX OPTIONS GLOBALEMENT POSITIVES...
AEB se réjouit que la Wallonie décide -enfin!- de structurer son territoire en fonction de principes urbanistiques objectifs, intelligents et bien étayés. Ainsi, malgré sa vocation principale qui est de contribuer au développement de la Wallonie, le SDER se propose explicitement de réaliser cet objectif tout en préservant -voire renforçant- la convivialité et la qualité du cadre de vie. De la part dune région qui essaye dinverser un déclin, on aurait pu craindre une approche beaucoup plus "quantitative"... Parmi les points positifs, épinglons:
Par ailleurs, il convient de féliciter les auteurs du projet de SDER pour la pertinence de leur analyse, la cohérence quils se sont efforcés détablir entre les différentes parties de louvrage, ainsi que leur langage clair et compréhensible. Malheureusement, le SDER néchappe pas à linexorable logique selon laquelle chaque médaille a son revers. Dans les pages qui suivent, nous procéderons à une analyse chronologique du SDER, en formulant, pour chaque problème soulevé, des propositions concrètes que nous voulons constructives. Notons enfin que nos observations concernent tant le SDER dans sa globalité (voir infra: les points 3 à 6), que certaines de ses applications possibles à notre commune, Beauvechain, et ses environs, lEst du Brabant Wallon (voir infra: le point 7).
...APPELANT TOUTEFOIS QUELQUES OBSERVATIONS
Étant dépourvus de toute force obligatoire, les 8 objectifs du SDER et les principes qui les sous-tendent (développement durable, utilisation parcimonieuse du sol,...), risquent de rester lettre morte. En effet, la mise en uvre du SDER nécessite létablissement de schémas de structure communaux, ainsi que des révisions des plans de secteur. Le danger est cependant grand de voir les communes -principaux acteurs en la matière- donner une lecture trop localiste au SDER. Résultat: des projets démesurés par rapport aux besoins réels ou faisant double emploi dans un contexte supracommunal.
a) Il conviendrait de donner force de loi aux 8 objectifs du SDER, ainsi
quaux principes majeurs les sous-tendant. Il nous paraît erroné
daccorder à ces objectifs et principes la qualité de simples
"orientations". En effet, leur "pertinence urbanistique" est telle
quil serait regrettable de ne pas b) Il conviendrait de mettre en place un mécanisme de suivi et de contrôle, afin de vérifier le respect du SDER par les acteurs (locaux) appelés à en assurer la concrétisation. Pourquoi ne pas envisager à cette fin la création dune instance officielle (un Conseil Supérieur de lUrbanisme par exemple), compétente pour lensemble du territoire wallon et composée de spécialistes strictement indépendants du pouvoir politique?
Si nous ne contestons pas la nécessité dune évaluation régulière du SDER, une modification de la donne économique ne devrait pas, à notre avis, mener à la remise en cause dobjectifs et de principes dont le respect est indispensable en toutes circonstances. Concrètement, il sagit des 8 objectifs ainsi que des critères visés sub 3.1.. Il ne nous semble pas, en effet, que des lignes de force comme la structuration de lespace, la mise en place de collaborations transversales ou la protection des ressources, perdent leur caractère pertinent dans les cas -hypothétiques- de lémergence dun nouvel eurocorridor ou de la découverte dune nouvelle source dénergie en territoire wallon.
Lévaluation régulière du SDER ne devrait pas porter sur le cadre législatif fondamental de la politique urbanistique, mais devrait, au contraire, se limiter au seul contenu de celle-ci (orientations générales et options concrètes). En dautres termes, les adaptations résultant dune telle évaluation, devraient se réaliser dans le strict respect des 8 objectifs du SDER et des principes les sous-tendant. Cette précision (à mettre en rapport avec la proposition précédente) devrait figurer explicitement dans le texte du SDER.
Lidée de placer le SDER au sommet de la hiérarchie des documents daménagement relève du bon sens. Dans les points précédents, nous avons déjà soulevé quelques faiblesses qui risquent de rendre purement symbolique le rôle que le SDER est appelé à jouer. Ici se pose un problème semblable, dû notamment au lien équivoque entre le SDER et le CWATUP. Concrètement, lon peut se demander si le CWATUP, en tant quinstrument daménagement, naurait pas dû sinspirer du SDER, plutôt que de le précéder. Afin dillustrer les incohérences -voire les contradictions- auxquelles cette ambiguïté peut donner lieu, comparons les articles 46 et 112 du CWATUP: - Larticle 46 consacre le principe du recentrage contenu dans le SDER, en interdisant toute extension linéaire des zones dhabitat; - Larticle 112, par contre, encourage lextension linéaire de lhabitat en zone agricole, en y autorisant la pratique du comblement. On conçoit mal en quoi cette dernière disposition contribue réellement au développement économique durable de la Wallonie...
Il convient de réexaminer certaines dispositions du CWATUP (parmi lesquelles larticle 112 relatif au comblement en zone agricole), afin de mieux en assurer la conformité avec le SDER et ne pas vider celui-ci de sa substance.
A lheure actuelle, il existe beaucoup de projets (lotissements ou zones dactivité économique) qui ont déjà fait lobjet dune décision de principe favorable, mais dont lélaboration et la concrétisation ne sont pas prévues avant un ou deux ans. Cela est notamment le cas en Brabant Wallon, où lintercommunale IBW vient de décider la création dune série de zones dactivité économique (ZAE) supplémentaires, éparpillées dans la province. Sans contester la nécessité de telles zones, nous souhaitons cependant vivement que ces projets soient soumis au respect des orientations et principes du SDER, particulièrement en ce qui concerne leur intégration paysagère et leur pertinence dans un contexte supracommunal. Il importe, en effet, déviter que lon essaye encore de faire passer des projets incompatibles avec lesprit et les objectifs à long terme du SDER.
Le SDER (tout comme le CWATUP dailleurs) devrait être applicable rétroactivement à tout projet urbanistique denvergure (ZAE ou lotissement) dont la mise en uvre na pas encore atteint un stade irréversible (cest-à-dire pour lequel les travaux sur le terrain nont pas encore débuté).
Le SDER a le mérite denvisager un développement économique à la mesure des potentialités de la Wallonie. En effet, le développement ne semble pas constituer un but en soi et, apparemment, il ne sagit pas de vouloir à tout prix égaler le niveau des régions voisines. Bref, le SDER fait preuve de réalisme. Si nous formulons malgré tout cette remarque, cela sexplique par les propos tenus lors dune des séances dinformation sur le SDER (à savoir celle du 15 janvier 1999 à la Maison de lUrbanisme du Brabant Wallon). Ainsi, le constat que le Schéma de Développement de lEspace Communautaire (SDEC) avait réduit la fonction de la Wallonie à celle de poumon vert du nord-ouest de lEurope, a amené le représentant de la Région Wallonne à conclure que notre Région nétait pour lEurope quune tache blanche - voire une réserve dIndiens. Cette réaction démontre que la ruralité et la richesse naturelle se trouvent encore et toujours au bas de léchelle des valeurs. Pourtant, il sagit de deux facteurs qui ne manqueront pas de se révéler hautement rentables à long terme (tourisme vert, intégré, de proximité). A ce titre, ils finiront par constituer un complément essentiel au développement économique de la Wallonie. Le besoin humain de détente et de ressourcement nest-il pas beaucoup plus stable et moins capricieux que les besoins du secteur industriel, axés principalement sur la minimisation du coût salarial et loptimisation des bénéfices? La fermeture des mines wallonnes -non encore épuisées!- dans les années 60, mais aussi la cessation dactivité chez Renault-Vilvorde en constituent des exemples douloureux. Il importe donc déviter que le développement économique dune région nuise au développement touristique -beaucoup plus durable- que pourraient lui valoir ses richesses naturelles.
PROPOSITION AEB
Le SDER devrait mentionner explicitement le principe selon lequel le développement économique de la Wallonie -dont nous ne contestons pas la nécessité et qui a été effectivement négligé dans le SDEC- devrait se réaliser en cohérence parfaite avec le statut de poumon vert que le SDEC lui accorde.
LOUBLI DE LA PROBLEMATIQUE DE LA POLLUTION PAR LA LUMIERE
Si la protection du patrimoine naturel, de la biodiversité et de la santé publique figure parmi les objectifs du SDER, il convient toutefois de signaler les nuisances risquant de découler dun éclairage public excessif. Ce phénomène, dactualité en Région Flamande, a déjà fait lobjet de diverses études scientifiques fournissant sinon la preuve, du moins des indications dun effet sur lenvironnement et la santé humaine . Ainsi, dans le nord du pays, les belettes sont menacées dextinction, parce que leur terrain de chasse est trop éclairé ; une étude britannique fait même état dun accroissement du nombre de cancers du sein chez lêtre humain. Et le rapport officiel sur létat de lenvironnement en Flandre (MIRA) fait également allusion au phénomène. Certes, la situation en Wallonie nest pas encore aussi catastrophique quen Flandre, mais les premiers signes dune possible dégradation se manifestent dores et déjà. Les menaces trouvent leur origine dans la construction dautoroutes traversant des zones dobscurité existantes, laménagement inconsidéré de ZAE, en général abondamment éclairées, le long de ces autoroutes, ainsi que léparpillement et lextension linéaire de lhabitat. Et comme il vaut mieux prévenir que guérir... appliquons le principe de précaution préconisé par la Déclaration de Rio.
Dans lattente détudes complémentaires permettant de mieux cerner lampleur des conséquences de ce phénomène, il serait souhaitable dadopter une attitude prudente. Ainsi, on pourrait envisager :
De la sorte, on préserverait également la qualité urbanistique et/ou paysagère de la Wallonie, tout en permettant de réaliser des économies.
(NB : nos informations proviennent en partie de lassociation néerlandophone pour lastronomie (Vereniging Voor Sterrekunde), qui a constitué un groupe de travail consacré aux nuisances causées par la lumière.) OBSERVATIONS CONCERNANT LA
DEUXIEME PARTIE: PROJET DE DEVELOPPEMENT SPATIAL
PROBLEMES POSES PAR LE DEVELOPPEMENT ENVISAGE DE LAXE BRUXELLES-NAMUR-LUXEMBOURG
Si lidée dintégrer la Wallonie dans les tendances économiques se dessinant à léchelle européenne ne manque pas de pertinence, le développement de leurocorridor Bruxelles-Namur-Luxembourg (ci-après: axe-BruNamLux) suscite toutefois un certain nombre de problèmes, que nous énumérons ci-dessous:
Il conviendrait dinscrire dans le SDER le principe selon lequel le développement économique de laxe Bruxelles-Namur-Luxembourg doit se réaliser sans porter atteinte aux actuelles valeurs sûres de cette région, à savoir ses nombreux atouts naturels et touristiques. Il faut donc privilégier un développement strictement intégré, ne dépassant pas les besoins réels et nébranlant pas le redressement de lancien bassin houiller. A cette fin, le SDER ouvre quelques voies intéressantes, quil convient dexploiter au maximum et dont nous nous limitons ici à en épingler deux:
Si, dans son volet économique, le SDER définit des orientations déjà fort concrètes sur la base des constats faits dans la première partie (voir la localisation des eurocorridors), force est de constater que la réflexion na pas été menée aussi loin en ce qui concerne les réseaux écologiques. Certes, le SDER dresse un constat pertinent en la matière (voir la carte n° 12 reprenant les zones de grande valeur biologique), mais nous déplorons de nen retrouver aucune répercussion sur la carte représentant la structure spatiale envisagée pour la Wallonie (carte n° 18). Nous nous réjouissons évidemment de la concrétisation annoncée du réseau Natura 2000 , même si nous avons limpression quil sagit dorientations plus floues que celles prévues en matière économique. En témoignent: le grand nombre de conditionnels (devrait, pourrait) dans les passages consacrés aux aspects écologiques, ainsi que des phrases comme la suivante (p. 186 du SDER): "La possibilité de voir sétablir des liaisons entre les zones du réseau écologique (...) est une politique à poursuivre". Détermination ou vu pieux?
Il paraît judicieux dintégrer, dans la carte représentant le futur projet spatial pour la Wallonie, au moins quelques grandes lignes reflétant la politique qui sera suivie en ce qui concerne les réseaux écologiques.
La mise en uvre du SDER dépend en grande partie de la volonté des communes. Le caractère non-contraignant du document, ainsi que labsence de toute forme de suivi et de contrôle officiels (voir supra: 3.1.), font que des communes peu sensibles à la problématique de laménagement du territoire pourront sans problème adopter une attitude passéiste. Elles se tiendront alors strictement aux plans de secteurs actuels, sabstenant dentreprendre les démarches prônées par le SDER, notamment en ce qui concerne la structuration de lespace et le recentrage des noyaux bâtis. Deux problèmes se posent à cet égard pour des communes plus volontaristes. Dune part, les propriétaires concernés par le déclassement de terrains à bâtir dans le but dun recentrage, se sentiraient -à juste titre- lésés et on ne saurait les tenir pour responsables des incohérences des plans de secteur actuels. Sil paraît dès lors légitime de les dédommager, cela nest pas sans poser des problèmes de financement. Dautre part, la nécessité de concrétiser certaines mesures urbanistiques contenues dans le SDER risque dêtre mal comprise par une population depuis trop longtemps habituée à ne considérer le territoire que comme une réserve de terrains à bâtir.
a) Il conviendrait de créer un Fonds de compensation foncière, destiné à faciliter le dédommagement des propriétaires concernés par un déclassement de terrains à bâtir dans le cadre de lélaboration du schéma de structure selon les orientations du SDER. Le problème du financement de ce Fonds pourrait être partiellement résolu en permettant aux communes de compenser, le cas échéant, la perte en terrains à bâtir dans un endroit déterminé, par linscription dune nouvelle zone à bâtir ailleurs, sintégrant mieux dans la structure du village. Les propriétaires bénéficiaires de cette mesure, seraient alors tenus, en cas de vente de leur terrain, de verser dans ce Fonds un pourcentage de la plus-value ainsi réalisée. Cette forme de solidarité contribuerait à alléger quelque peu les charges financières que pourrait entraîner, pour la Région Wallonne, le recentrage préconisé par le SDER.
b) Afin de sassurer de lappui de la population pour la mise en uvre dune politique urbanistique intelligente, il conviendrait de prévoir, en sus des séances dinformation, de responsabilisation et de sensibilisation prévues, des mécanismes permanents de participation citoyenne. Dans ce cadre, nous préconisons de rendre obligatoire linstauration dune CCAT dans chaque commune de la Wallonie. Dans ce scénario, la commune serait tenue de demander lavis de la CCAT sur tout dossier individuel présentant une dérogation aux prescriptions urbanistiques, ainsi que sur tout dossier daménagement denvergure (projet de ZAE, projet de lotissement, PCDN, PCDR, élaboration du schéma de structure,...). Lavis rendu par la CCAT devrait être motivé selon les orientations du SDER. Dans le même ordre didées, si la commune décidait de ne pas tenir compte de lensemble ou dune partie de lavis de la CCAT -ce qui est son droit le plus strict-, son refus devrait également faire lobjet dune décision motivée selon les orientations du SDER.
Nous souscrivons pleinement à lobjectif de renforcement des collaborations transversales, en particulier entre communes. De telles collaborations permettraient de lutter plus efficacement contre certains problèmes de pollution ou déviter des cas de double-emploi dinfrastructures. En ce qui concerne ce dernier point, nous pensons en premier lieu à laménagement de ZAE. Jusquà présent, limplantation de celles-ci sest faite beaucoup trop souvent en fonction de considérations purement localistes et au mépris de lintérêt supracommunal. Or, cest cette pratique déplorable qui a valu à la Wallonie son manque de structure spatiale, auquel le SDER veut maintenant remédier. Cependant, des mécanismes de collaboration transversaux ne suffisent pas à enrayer le fléau. Il faudrait simultanément faire en sorte quune commune nait plus aucun intérêt financier spécifique à accueillir une ZAE au détriment de sa voisine.
Afin de permettre un développement économique intelligent et basé sur des critères objectifs, il conviendrait de mettre en place un Fonds de compensation économique, destiné à redistribuer, entre toutes les communes dune région, les retombées positives de limplantation de ZAE dans quelques-unes dentre elles. Pareil système de redistribution engendrerait une solidarité "intercommunale" mettant fin à la concurrence inutile qui règne actuellement entre plusieurs communes afin de pouvoir accueillir des ZAE. Notons également quune telle mesure faciliterait un développement cohérent et structuré des eurocorridors, dont laxe Bruxelles-Namur-Luxembourg (voir supra: 5.1.).
Un des grands mérites du SDER est de mettre en évidence limportance du patrimoine bâti et de vouloir -enfin!- sensibiliser citoyens et architectes au maintien et à la création dun patrimoine intégré, cohérent et de qualité, sans pour autant sombrer dans une rusticité douteuse. Il importe cependant de ne pas trop tarder la mise en uvre de cet objectif. Beaucoup de mal a déjà été fait et les mentalités névoluent pas vite. Ainsi, en Ardenne et en Condroz, lencerclement danciens et authentiques noyaux dhabitat par des maisons en briques rouges en rupture totale avec larchitecture du terroir, continue inlassablement...
a) Afin de conquérir la population à la mise en valeur et lenrichissement du patrimoine, il convient de mener, sans tarder, des campagnes de sensibilisation axées aussi bien sur larchitecture que sur laménagement des lotissements. Dans ce cadre, il importe, entre autres, de montrer à la population, par le biais de
brochures et de séances dinformation, quune architecture intégrée
nexclut pas une approche moderne et créative.
b) En vue de garantir lefficacité de la politique en la matière, il simpose de prévoir un mécanisme de contrôle assorti de sanctions appropriées en cas de non respect.
Nous nous réjouissons que le SDER tend à atteindre un équilibre entre les besoins en déplacement et la préservation du cadre de vie. Par contre, nous nous étonnons de ne pas voir abordée la problématique du maintien et de la réhabilitation des sentiers. Pourtant, si les sentiers nont plus, de nos jours, quune utilité discrète (limitée généralement à la desserte de champs et au débardage), leur rôle social nous semble, par contre, devenir de plus en plus important. Nous pensons plus particulièrement à des formes de tourisme intégré, comme la marche, la découverte de la nature (voir les chemins creux et leur flore), ainsi que la découverte dune région "en profondeur". Entretenir -voire rouvrir- des sentiers, cest également entretenir des traces du passé et offrir aux habitants la possibilité de jouir des richesses de leur propre région.
Il convient dinsérer dans la partie du SDER consacrée à la mobilité lente, les grandes lignes dun plan daction pour le maintien et la réhabilitation des sentiers. Cet objectif sinscrirait parfaitement dans le souci daméliorer le cadre de vie qui traverse le SDER. A cet égard, lon pourrait sinspirer de certaines actions déjà menées avec succès en Brabant Wallon.
Si, à certains égards, l'esprit de SDER a déjà régné sur Beauvechain : --Effort de concertation de et avec la population et intégration de la dimension environnementale par le biais des PCDR et PCDN. --Volonté de réutiliser les sites désaffectés (lycée d'Etat à Hamme-Mille, place de La Bruyère). --Volonté de limiter la dispersion de l'habitat en freinant la création de nouveaux lotissements et en évitant les constructions en ruban. A d'autres égards, il faudrait plus en tenir compte. Notamment dans les domaines suivants: --" utiliser le sol de façon parcimonieuse et recycler les espaces abandonnés plutôt que d'en utiliser de nouveaux " (page 6). Nous pensons en effet quil est préférable d'implanter la ZAE (actuellement prévue au carrefour de La Chise) de l'autre côté de la chaussée vers Jodoigne (N240), plus près de la base militaire dans la perspective à plus long terme de pouvoir utiliser une partie de celle-ci en cas de désaffectation même partielle (voir notre proposition de critères et de site éventuel en annexe, faite dans le cadre du PCDR de Beauvechain). --" il faut prendre réellement en compte les aspects paysagers et évaluer l'impact paysager de l'ensemble des actes d'aménagement et d'urbanisme " (page 187). Le projet actuel est quasi sur la ligne de crête, à côté du silo qui se voit depuis La Bruyère (1,6 km), Roux-Miroir (2,5 km), les abords de Longueville (4,5 km) et même depuis les champs entre Jauchelette et Bomal (Ramillies), près de La Ramée, à 8,5km! Une localisation plus judicieuse permettrait de mieux tenir compte de limpact paysager.
--" il faut freiner la délocalisation des activités polarisatrices vers les périphéries ... " (page 125). " Dans certains cas on pourra préférer la constitution de petites zones spécialisées pour éviter les nuisances ; mais celles-ci resteront de petite taille et seront intégrées dans la structure urbaine afin qu'une mixité soit recréée " (page 126): Le projet actuel de ZAE nest sans doute pas suffisamment articulé au tissu villageois de Piétrebais, puisquil risque de le surplomber. --" on veillera à leur bonne intégration dans le contexte tant du point de vue environnemental que par rapport aux habitants et aux activités locales. On nautorisera pas de nouvelles implantations sur des terres agricoles de grande valeur " (page 127). Le projet de ZAE à La Chise se situe sur des terres limoneuses très rentables et particulièrement bien adaptées à la production fruitière : un nouveau verger vient d'y être planté. --" valoriser le patrimoine bâti "(page182). Il faudrait veiller à ce que limplantation actuellement retenue ne dévalorise pas le site classé de la ferme de La Chise, en face duquel se développerait le projet. --" Dans les petits noyaux d'habitation isolés, il faudrait encourager la réouverture de petits commerces en prenant par exemple des mesures appropriées sur le plan des charges foncières " (page 149). Ne serait-ce pas une idée pour redynamiser le village de La Bruyère, où le manque de commerces de proximité pénalise surtout les personnes âgées non motorisées ? --" en ce qui concerne le déplacement de personnes, on favorisera la marche à pied et le vélo " (page 176). Dans ce cadre, nous avons déjà signalé (voir supra 6.4) que le SDER omet de mentionner explicitement la problématique des chemins et de leur réhabilitation, dont se préoccupe entre autres le PCDR de Beauvechain. Nous craignons aussi que si la RN 25 est achevée jusqu'à Hamme-Mille, de nombreux chemins la traversant et permettant actuellement de belles promenades, seraient coupés. Il conviendrait donc de prévoir des solutions appropriées à cet égard. --" L'achèvement de la RN 25 jusquà Hamme-Mille " (page 175) -dont, par ailleurs, le besoin ne se fait pas encore sentir- devrait absolument s'intégrer harmonieusement à la vallée du Train (pas de viaduc ! !) car, comme le dit le SDER, " certaines parties de vallée ont été dénaturées par des interventions inappropriées (ouvrage routier)" (page 131). Ne répétons donc pas les erreurs du passé. --" mise en place d'une desserte de RER " (page 173). Notre association se réjouit d'une desserte RER éventuellement à partir de Wavre. Nous suggérons un rapidobus reliant Hamme-Mille et les gares de Wavre, Ottignies et, le cas échéant, Leuven.
--" établir des liaisons entre les zones du réseau écologique en s'appuyant sur les infrastructures linéaires (Ravel) " (page 186). Nous sommes en effet en faveur de la réhabilitation de toute la ligne du tramway vicinal Tervuren-Tienen afin de la connecter au Ravel 2 à Jodoigne, via les chemins de remembrement aménagés d'Hoegaarden. --" La définition des zones vulnérables à la pollution par les nitrates aura pour effet de limiter certaines activités polluantes dans ces zones, y compris au niveau des habitations privées " (page 40). Nous resterons en effet vigilants à l'égard d'éventuelles nouvelles implantations d'élevage industriel et il faudrait envisager une politique plus volontariste de lutte contre les pollutions des eaux de surface et souterraines. --" l'affectation des territoires riverains des cours d'eau doit tenir compte des vocations de ces cours d'eau à des fins de conservation de la nature et des paysages " (page 40). Nous nous réjouissons qu'on ne construise plus en zone inondable et qu'on réserve des territoires riverains comme zones inondables ou de conservation de la nature. Dans ce contexte, il faut en particulier veiller à éviter les remblais. --" consolider la vocation des sites de grand intérêt biologique " (page 185). Dans ce contexte, nous signalons que notre association a mis à la disposition des autorités communales et régionales un dossier visant à la protection du site du marais du Wé, de grand intérêt biologique, et quelle uvre en faveur de la protection des autres zones humides de lentité.
En conclusion : avec ces quelques exemples, notre association invite la commune de Beauvechain à continuer de s'inspirer des principes de développement durable contenus dans le SDER.
2. SITES PROPOSES
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