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A.        PORTRAIT DEMOGRAPHIQUE, SOCIO-ECONOMIQUE ET MORPHOLOGIQUE DE L’EST DU BRABANT WALLON

 

Afin de mieux pouvoir apprécier le contexte dans lequel s’inscrit ce dossier, il nous a semblé utile, avant de passer à l’analyse proprement dite du projet de développement présenté par l’IBW, de dresser un portrait général de l'espace que nous avons défini comme étant l’Est du Brabant Wallon (cf. supra, Avant d'entamer la lecture, point 3). C’est à la lumière des constats faits ci-dessous, que nous évaluerons ensuite la politique de développement préconisée par l’Intercommunale.

De façon générale, l’on peut dire que l’Est du Brabant Wallon, situé aux confins de la grande banlieue bruxelloise d’une part, et des vastes aires rurales du plateau (sablo-)limoneux d’autre part, emprunte ses caractéristiques tant du modèle périurbain que du modèle rural, avec toutefois une nette prédominance de ce dernier aspect. Cela se traduit par un bilan affichant les lignes générales suivantes:

 

A.1     Sur le plan démographique

 

·     Une densité de la population égale ou inférieure à la moyenne wallonne (197 hab/km² en 1997), sauf Wavre et Ottignies - Louvain-la-Neuve;[23]

·     une assez forte pression démographique, se traduisant, à titre d'exemple et pour la période 1980-1995, par une augmentation de la population de 20% à Beauvechain, 21% à Incourt, 22% à Jodoigne, 28% à Grez-Doiceau – voire 51% à Chaumont-Gistoux. La moyenne wallonne pour cette même période se situe à 2%, celle du Brabant Wallon dans son ensemble à 18%.[24] Cet accroissement de la population est imputable essentiellement à la croissance périurbaine de Bruxelles[25], en d'autres termes au solde migratoire (rapport immigration-émigration) plutôt qu’au solde naturel (rapport natalité-mortalité);[26]

·     par conséquent, une pression de l’urbanisation tantôt forte (par exemple à Beauvechain, Chaumont-Gistoux, Grez-Doiceau et Wavre), tantôt moyenne (dans la plupart des autres communes).[27]

 

A.2     Sur le plan économique

 

·     Abstraction faite de Wavre et d’Ottignies - Louvain-la-Neuve, et malgré une tendance assez forte à l’urbanisation (= pression de l’urbanisation étudiée sous le point A.1.), le degré d’urbanisation (= situation actuelle) reste faible sur le plan fonctionnel (sauf Jodoigne) et varie de faible à moyen sur le plan morphologique. Concrètement, cela signifie que la plupart des communes de l’Est du Brabant Wallon offrent relativement peu d’infrastructures commerciales, scolaires et économiques, tandis que l’accroissement de la population (due en l’occurrence à l’arrivée de “néo-ruraux”) conduit à une augmentation de la superficie occupée par des parcelles bâties (souvent sous forme de lotissements). Cette tendance se manifeste surtout à Grez-Doiceau et à Chaumont-Gistoux (urbanisation morphologique moyenne), pour s’amenuiser au fur et à mesure que l’on se dirige vers l’est de la province, où le degré d’urbanisation est resté faible jusqu’à présent[28] (cf. infra, carte n° 3 à la page suivante);

 

Zone de Texte: Carte n° 3: le degré d'urbanisation dans l'Est du Brabant Wallon selon Mérenne, Van der Haegen et Van Hecke 

·     en dépit de cette urbanisation fonctionnelle toujours faible, la plupart des communes connaissent une évolution de l’emploi plus favorable que la moyenne belge. La proximité de pôles d’emploi (comme Bruxelles, Leuven, Tirlemont, Wavre et Namur)[29] joue un rôle important dans cette évolution (navetteurs). Elle peut aussi être attribuée au phénomène récent que de plus en plus d’entreprises installées auparavant dans les grands pôles (comme Bruxelles), ont tendance à suivre l’exode de la population -et donc de la main-d'œuvre- de la ville vers les petits pôles dans les campagnes environnantes. Cela leur permet, dans la foulée, d’acheter des terrains moins chers.[30] Par conséquent, l’on est en droit de se demander s’il ne s’agit pas souvent d’un phénomène de migration d’emplois d’une région à une autre (délocalisation d'entreprises), plutôt que de la création d’emplois proprement dite. Toujours est-il que, pour la plupart des communes de l’Est du Brabant Wallon, l’emploi créé sur le territoire communal par rapport au total de la population active (taux d'emploi local), reste en dessous de la moyenne belge.[31] Ce constat semble confirmé par les données reprises dans une analyse socio-économique effectuée pour la commune de Beauvechain.[32] Ainsi, il apparaît que, dans certaines communes de l'Est du Brabant Wallon, le taux d'emploi local a enregistré une baisse entre 1992 et 1994: de 41% à 38% à Jodoigne, de 30% à 29% à Grez-Doiceau et de 27% à 26% à Incourt. Par contre, la situation est restée inchangée à Beauvechain (52%, pourcentage qui s'explique sans doute par la présence de la base militaire) et à Chaumont-Gistoux (25%);[33]

·     la population active comprend une part importante de migrants alternants (navetteurs)[34], dont une importante partie travaille dans l’agglomération de Bruxelles.[35] Il est à noter que ces navetteurs sont de plus en plus nombreux à se rendre vers la capitale et ses environs[36], qu’ils utilisent en majorité la voiture comme moyen de transport (en raison notamment de l’offre insuffisante en transports publics)[37] et que la durée moyenne de leurs déplacements -figurant déjà parmi les plus élevées du pays[38]- continue à s’accroître à cause de la densification du trafic vers la capitale.[39]

 

A.3     Sur le plan social


·     Un revenu moyen par habitant égal ou supérieur aux moyennes belge et wallonne (de 404.200 BEF/an à Orp-Jauche à 504.900 BEF/an à Chaumont-Gistoux, en passant par 434.200 BEF/an à Incourt et 465.200 BEF/an à Beauvechain – a titre de comparaison, la moyenne wallonne se situe à 371.000 BEF par an);[40]

·     une évolution très positive de ce revenu, par rapport à une augmentation plutôt faible dans la partie centrale de la province (ce qui semble indiquer un comblement progressif de l’écart entre la partie urbanisée et la partie rurale du Brabant Wallon);[41]

·     sous l’influence de la périurbanisation de Bruxelles, un niveau de vie bon à prospère, qui a tendance à s’améliorer davantage (de plus en plus d’habitations disposant d’un bon confort, un nombre croissant de nouvelles constructions,...);[42]

·     un nombre de demandeurs d’emploi  égal ou inférieur aux moyennes belge et wallonne (seulement 7,7% par rapport à 12,6% dans l'ensemble de la Wallonie)[43]. Même si, durant la période 1981-1991, ce chiffre n’a pas évolué aussi favorablement en Brabant Wallon qu’en Brabant Flamand,[44] il n'empêche que "[g]lobalement, la population active […] du Brabant Wallon paraît […] plutôt privilégiée par rapport au reste de la Wallonie: […] le taux élevé de navetteurs traduit la mobilité de cette population active habitant à proximité d'importants pôles d'emploi"[45];

·     un taux de minimexés inférieur à la moyenne wallonne (0,6% par rapport à 1,3%);[46]

·     un taux de criminalité inférieur à la moyenne wallonne (6,6% par rapport à 7,8%).[47]

 

A.4     Sur les plans paysager, écologique et urbanistique

 

·     Une région riche en espaces boisés interstitiels (Grez-Doiceau, Chaumont-Gistoux), ainsi qu’en paysages homogènes et ouverts (vers l’est). Répétons que, selon le SDER, l’avenir de notre région (qualifiée d’agro-géographique) passe notamment par le “maintien de vastes étendues ouvertes”, nécessitant des “mesures afin d’éviter le mitage de l’espace rural”;[48]

·     une région relativement riche en zones d’intérêt paysager[49], comprenant, en outre, quelques zones d’intérêt biologique majeur (que le SDER situe essentiellement dans les communes de Wavre et de Grez-Doiceau);[50]

·     une région au patrimoine bâti remarquable (fermes carrées - classées ou non; villages soumis au Règlement Général sur les Bâtisses en Site Rural - Bossut, Longueville, Nodebais, Tourinnes-la-Grosse etc.; Mélin - village classé parmi les plus beaux de Wallonie;...).

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L'Est du Brabant Wallon: une région au patrimoine parfois remarquable

CONCLUSION

Sur le plan démographique, l’Est du Brabant Wallon est resté une région essentiellement rurale, subissant toutefois une pression démographique importante en raison de la proximité de Bruxelles.

D’un point de vue économique, le phénomène de périurbanisation dû à l’influx de “néo-ruraux”, se manifeste davantage sur le plan morphologique (aspect de plus en plus résidentiel des villages) que sur le plan fonctionnel (relativement peu d’écoles, de commerces et de zones d’activité économique). Si l’on note malgré tout l’arrivée de nouvelles entreprises (qui suivent l’exode de la population des villes vers la campagne tout en recherchant des terrains moins chers), il ne semble cependant y avoir que relativement peu d’emplois sur place, ce qui implique la présence de nombreux navetteurs, en grande partie vers Bruxelles. A cause d’une offre insuffisante en transports publics, ceux-ci se servent en majorité de leur voiture individuelle, contribuant ainsi à engorger les routes vers la capitale. A son tour, cela se traduit par une durée des déplacements de plus en plus longue.

Sur le plan social, l’Est du Brabant Wallon affiche un bilan globalement positif (revenu moyen par habitant élevé, bon niveau de vie, relativement peu de chômeurs et de minimexés, moins de criminalité), même si la situation est encore susceptible d’améliorations.

Sur les plans paysager et spatial, l’Est du Brabant Wallon se présente comme une région aux paysages homogènes et au patrimoine souvent remarquable, avec, de surcroît, quelques zones d’intérêt biologique majeur dans certaines communes.

 

[23] B. Mérenne, H. Van der Haegen, E. Van Hecke, op. cit., 2.2., p. 16.

[24] Données issues du document Commune de Beauvechain, Schéma de structure - première partie: situation existante et évaluation, Bureau Aménagement, le 7 juillet 1997, p. 76.

[25] B. Mérenne, H. Van der Haegen, E. Van Hecke, op. cit., 2.3., p. 17.

[26] Idem, compar. 3.7. (p. 28) et 4.3. (p. 32). Signalons que ce constat est partagé par les auteurs du document Commune de Beauvechain, Schéma de structure - première partie: situation existante et évaluation, op. cit., p. 76.

[27] Projet de SDER, carte n° 7, insérée entre les pages 46 et 47; il est à noter que dans la version définitive du SDER, la nuance urbanisation forte/moyenne a disparu (comparez avec la carte n° 7 du SDER, p. 57.).

[28] B. Mérenne, H. Van der Haegen, E. Van Hecke, op. cit., 1.5., p. 13.

[29] Enumération résultant d’une déduction que nous avons faite à partir des données fournies par le document Commune de Beauvechain, Schéma de structure - première partie: situation existante et évaluation, op. cit., pp. 92-94.

[30] B. Mérenne, H. Van der Haegen, E. Van Hecke, op. cit., 14.2., pp. 107-108.

[31] Idem, 14.3. et 14.4., pp. 107 et 109.

[32] Cf. Commune de Beauvechain, Schéma de structure - première partie: situation existante et évaluation, op. cit., p. 92.

[33] Ibidem. En ce qui concerne les baisses enregistrées, il serait peut-être intéressant d'étudier si elles ne sont pas également le fait d'un afflux accru de néo-ruraux travaillant dans la grande agglomération bruxelloise.

[34] B. Mérenne, H. Van der Haegen, E. Van Hecke, op. cit., 15.1., p. 121.

[35] Idem, 15.12. et 15.13., pp. 130-132.

[36] Idem, 15.14. pp. 131-132.

[37] Idem, 15.2. (p. 122) et 15.3. (p. 123).

[38] Idem, 15.7. (p. 128), 15.9. (p. 129) et 15.10. (p. 129).

[39] Idem, 15.8., pp. 127-128.

[40] Idem, 16.1., p. 133 + cf. Finances: qu’en est-il à l’est du Brabant wallon?, article répercutant un bilan de santé financière dressé par les services du Crédit Communal, paru dans Vlan-Jodoigne, n° 666, le 27 octobre 1999, pp. 1 et 4.

[41] B. Mérenne, H. Van der Haegen, E. Van Hecke, op. cit., 16.1. et 16.2., pp. 133-134.

[42] Idem, 16.3. et 16.4., pp. 135-137.

[43] Cf. Finances: qu’en est-il à l’est du Brabant wallon? , op. cit., p. 4 (chiffre valable pour l'ensemble du Brabant Wallon).

[44] B. Mérenne, H. Van der Haegen, E. Van Hecke, op. cit., 13.3 (p. 102) et 13.4 (p. 104).

[45] Cf. Commune de Beauvechain, Schéma de structure - première partie: situation existante et évaluation, op. cit., p. 96.

[46] Cf. Finances: qu’en est-il à l’est du Brabant wallon? , op. cit., p. 4 (chiffre valable pour l'ensemble du Brabant Wallon).

[47] Ibidem (chiffre valable pour l'ensemble du Brabant Wallon).

[48] SDER, p. 140.

[49] Voir les plans de secteur.

[50] SDER, carte n° 13: Patrimoine naturel, p. 91.

 

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