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E. L’EVENTUEL AMORCAGE D’UNE ACTIVITE PERIPHERIQUE AUTOUR DE LA BASE MILITAIRE DE BEAUVECHAIN: LES ENJEUX A LONG TERME E.1 Analyse générale du problème Inévitablement,
le projet de zone d'activité économique (ZAE) de La Chise (Piétrebais –
Incourt), du fait qu'il concerne un site en bordure de la base militaire de
Beauvechain, ravive les inquiétudes nées, il y a quelques années, lors de
l’apparition soudaine d’un certain nombre de projets visant à convertir
l’aérodrome en un aéroport civil (transport de marchandises) et à délester
ainsi Zaventem. L’objectif -assez vague- de l'Intercommunale du Brabant Wallon
(IBW) de permettre “l’amorçage d’une activité périphérique autour de
la base de Beauvechain”[1], pourrait bien inclure
cette possibilité, sinon dans l’immédiat, du moins à long terme (20 ans par
exemple).[2]
Quoi qu’il en soit, et même si rien ne semble décidé pour l’instant, la
question de l’avenir de la base soulève suffisamment de problèmes majeurs
pour que nous nous y attardions. E.2 Trois scénarios possibles pour l'avenir de la base En
ce qui concerne l’avenir de la base à long terme, il existe à notre avis
trois hypothèses: 1.
Le
maintien intégral ou partiel de l’activité militaire 2.
La
désaffectation totale de la base et des infrastructures aériennes 3.
La
transformation de la base en aéroport civil (transport de marchandises) E.2.1 Le maintien intégral ou partiel de l’activité militaire Ces
derniers temps, les rumeurs foisonnent selon lesquelles les jours de la base
militaire de Beauvechain sont comptés. Pourtant, sans prétendre avoir une
quelconque aptitude à faire de la stratégie militaire, il nous semble que
l’hypothèse d’un maintien (intégral ou partiel) des activités militaires
n’est pas à exclure. Il
se pourrait donc que Beauvechain continue à jouer son rôle actuel d’école
d’aviation militaire et, le cas échéant, de base d’appui. Même le scénario
d’une revalorisation militaire de la base ne nous paraît pas irréaliste. Il
est à noter que cette hypothèse pourrait se présenter au cas où l’aéroport
militaire de Melsbroek (contigu à Brucargo
et actuellement la propriété de l’OTAN) connaîtrait une réaffectation
commerciale, afin de répondre à la croissance du trafic de marchandises à
Zaventem. Une telle reconversion pourrait impliquer le transfert intégral des
activités militaires de Melsbroek à Beauvechain (et, partant, l’arrivée de
C130, airbus militaires etc.). Dans
le cadre de notre projet de développement alternatif pour l'Est du Brabant
Wallon (cf. supra, chapitre D), ainsi que des constats sous-tendant celui-ci
(cf. supra, chapitre C), nous avons estimé qu'une ZAE au carrefour de La Chise
ne se justifie nullement à l'heure actuelle. En effet, comme nous l'avons argué
sous le point C.2.3., ce zoning porterait le degré de dispersion des ZAE à un
niveau incompatible avec une région qualifiée d'agro-géographique par le Schéma
de Développement de l'Espace Régional (SDER), approuvé par le Gouvernement
Wallon le 27 mai 1999. Dans le même ordre d'idées, nous avons soulevé des
objections quant à la part du territoire de l'Est du Brabant Wallon occupée
par les ZAE existantes, ainsi que par les nouvelles ZAE proposées par
l'Intercommunale (dont celle de La Chise). En effet, en cas de réalisation du
projet de renforcement économique de l'IBW, la superficie en ZAE risque, selon
AEB, de mettre en danger la ruralité de notre région – sinon dans l'immédiat,
du moins à long terme (cf. supra, point C.2.4.). De plus, les besoins en
terrains "industriels" nous ont semblé largement surestimés, car l'IBW
prévoit 7 à 8 hectares par an pour l'Est du Brabant Wallon pendant les dix ans
à venir – soit sept fois plus que la surface annuellement remplie en moyenne
dans notre région durant les décennies précédentes (cf. supra, point
C.2.5.). Partisane d'un développement économique adapté aux spécificités de
l'Est du Brabant Wallon -ce qui passe par la préservation de la ruralité-,
notre association a proposé (dans son projet de développement alternatif) un
potentiel en ZAE de 2 à 3 hectares par an – chiffre tenant compte à la fois
du taux de remplissage des ZAE dans le passé, du regain de dynamisme enregistré
en Wallonie et des ZAE existantes dans les sous-régions limitrophes (cf. supra,
points C.2.5. et D.4.2.5.). Les
objections soulevées ci-dessus prennent, selon nous, tout leur sens en ce qui
concerne le projet de ZAE de la Chise. En effet, dans le scénario d'un maintien
intégral ou partiel de l'activité militaire, nous n'estimons pas souhaitable
d'augmenter encore, par un cumul d'activités militaires et économiques, les
diverses formes de pression que subit déjà notre région, allant de la
pression démographique aux désagréments causés par les activités
militaires, en passant par les menaces pesant sur la convivialité de nos
villages. Le règne des avions militaires dans
l’espace aérien de Beauvechain s’éteindra-t-il en 2010? Pas sûr... POINT
DE VUE ET PROPOSITIONS D’AEB ·
Notre
association n’est aucunement demandeuse de la cessation des activités
militaires à Beauvechain.
En ce qui concerne les nuisances actuelles, ou leur aggravation si le rôle
militaire de la base était un jour revalorisé (par exemple, pour recueillir
les activités militaires déployées jusqu’à nouvel ordre à Melsbroek),
nous nous réjouissons de la mise en place récente, dans le cadre du
programme de développement rural de la commune de Beauvechain, d’une
cellule de liaison ayant pour vocation d’apporter des solutions en la matière,
par le biais d’un dialogue entre riverains et militaires. ·
Comme
nous l'avons argué de façon circonstanciée dans les chapitres C et D, une
ZAE à La Chise, telle que proposée actuellement par l'IBW, ne se justifie
nullement à l'heure actuelle. En effet, ce projet de ZAE, tout comme
d'autres projets de nouvelles ZAE actuellement présentés, ne semble pas
compatible avec la ruralité de l'Est du Brabant Wallon, désormais attestée
par le Schéma de Développement de l'Espace Régional (SDER) qui fut
approuvé par le Gouvernement Wallon le 27 mai 1999. Non seulement, les ZAE
situées dans les sous-régions limitrophes paraissent avoir été oubliées,
mais il se poserait aussi des problèmes en ce qui concerne le degré de
dispersion des ZAE (déjà largement suffisant pour notre région – cf.
supra, point C.2.3.), la superficie en ZAE par rapport à la superficie de
l'Est du Brabant Wallon (cf. supra, point C.2.4.) et le potentiel annuel en
ZAE proposé par l'Intercommunale. Celui-ci semble avoir été largement
surestimé, du moins en le comparant avec les taux de remplissage constatés
dans les ZAE de l'Est du Brabant Wallon durant les dernières décennies (cf.
supra, point C.2.5.). Toutes ces objections nous
semblent davantage encore justifiées dans l'hypothèse (actuellement la plus
probable) du maintien (intégral ou partiel) des activités militaires à la
base de Beauvechain. En effet, le cumul d’une activité économique
d’envergure d’une part, et d’une activité militaire -réduite ou
renforcée- d’autre part, constituerait une menace supplémentaire pour la
ruralité de notre région, déjà tant soumise à des pressions de toutes
sortes (nuisances dues au survol des villages, pression démographique, perte
de convivialité,...). E.2.2 La désaffectation totale de la base et de ses infrastructures aériennes Si,
un jour, la base perdait sa pertinence stratégique, il se pourrait que les
quelque 480 hectares disponibles[3]
soient appelés à recevoir une affectation ne présentant plus aucun lien avec
n’importe quelle activité aérienne. Dans cette hypothèse, la tentation
d’y implanter des entreprises -voire des industries polluantes- serait grande. Au
cas où cette éventualité deviendrait réalité, AEB demande que soient
respectés au moins les principes
d’aménagement suivants: ·
toute réaffectation devrait
s’accompagner d’une maîtrise des
nuisances (bruit, nuisances visuelles, pollution de l’air...), et ce par
la mise en œuvre d’un réaménagement judicieux et concerté; ·
l’affectation
à des fins économiques ne devrait en aucun cas concerner la surface totale de
la base. Par contre, l’espace libéré
devrait être partagé de façon équilibrée entre les fonctions suivantes:
zones agricoles (minimum 70%), zones vertes (minimum 20%, de façon à former un
maillage écologique cohérent), zone d’activité économique (maximum 5% en
phase ultime). Quant à l’actuelle zone de camp dans le hameau de La Bruyère,
elle pourrait se transformer en zone d’aménagement différé, destinée
prioritairement à l’extension de l’habitat et accessoirement aux équipements
publics (y compris infrastructures sportives). Cette répartition tient
compte de la qualité de région agro-géographique conférée à l'Est du
Brabant Wallon par le SDER, sans pour autant exclure la création d’emplois,
notamment de proximité, par le biais d’activités économiques (l'on se
souviendra à cet égard des points B.1.1. et B.1.8.). Il va de soi qu’une
zone d’accueil des entreprises devrait être réalisée en phases et dans une
optique à long terme, tout développement effréné mettant gravement en péril
la ruralité de la région (perte de surfaces agricoles, tertiairisation des
activités, pression démographique trop importante et trop brusque, risque d’éclatement
de nos villages, intensification incontrôlée du trafic,...); ·
en conséquence du point précédent,
tout développement économique à
vocation suprarégionale ou fédérale devrait être exclu. En effet, une
ZAE de cette portée demanderait à être “située le long d’un important
axe routier”.[4]
Or, toute construction d’un tel axe (puisqu'il n'existe pas à l'heure
actuelle) ou toute transformation en ce sens des routes existantes amorcerait un
développement incompatible avec la ruralité de notre région; ·
en outre, les éventuelles activités économiques prévues en cas de désaffectation
totale de la base devraient être aménagées dans la partie du domaine où se
trouvent déjà la plupart des bâtiments (militaires) de type industriel, et
ce de façon à assurer une réaffectation dans l'esprit de celle préconisée
par la Région Wallonne en matière d'anciennes friches industrielles; ·
pour
des raisons paysagères, les bosquets et la végétation en bordure de la base
devraient en tout état de cause êtres maintenus, voire renforcés,
car, déjà aujourd’hui, ils constituent un écran de verdure “naturel”
permettant une intégration presque parfaite des hangars militaires; ·
dans le même ordre d’idées,
les zones de sécurité définies autour
de certaines parties de la base (dépôt
de munitions du côté de Nodebais et de Tourinnes-la-Grosse, axe de piste vers
Piétrebais), ne devraient en aucune façon
être concernées par la réaffectation. Par contre, leur vocation agricole
devrait être maintenue à part entière, car elles constitueraient une zone
tampon supplémentaire autour des activités économiques éventuellement déployées; ·
enfin, il est clair que le
scénario de réaménagement décrit ci-dessus, exclut qu’en cas de désaffectation
-même partielle- du domaine militaire, l’on vende celui-ci au plus offrant,
comme c’est apparemment le cas de la base désaffectée de Brustem.[5]
Pareille technique entraverait tout réaménagement judicieux, car elle privilégierait
une reconversion purement économique – voire urbanistique. Idéalement, toute
décision de réaménagement devrait faire l’objet d’une concertation entre
les différents niveaux de pouvoir concernés (le fédéral comme propriétaire
actuel, le régional vu sa compétence en matière d’aménagement du
territoire et d’économie, le communal comme premier concerné des conséquences
d’un réaménagement[6]).
Se souvenant des projets d’aéroport de fret “tombés du ciel” il y a
quelques années, AEB estime qu’il serait hautement inopportun -voire
inacceptable- que l’un ou l’autre investisseur en quête d’une bonne
affaire à long terme (société aérienne, société d’investissement, société
immobilière...), cherche, dès à présent, à l’insu des autorités
communales et de la population, à obtenir une sorte de droit de préemption -fût-il
officieux- sur l’ensemble ou une partie du domaine militaire, afin de pouvoir
y déployer immédiatement des activités économiques ou des projets
urbanistiques en cas de fermeture -même lointaine- de la base. Non seulement, une
telle politique relèverait du
fait accompli, mais elle irait aussi
à l’encontre de l’esprit d’ouverture vis-à-vis de la population,
tel que prôné par le SDER.[7] POINT
DE VUE ET PROPOSITIONS D’AEB Dans
le cas -hypothétique à présent- d’une désaffectation totale de la base et
de ses infrastructures aériennes, AEB souhaite une réaffectation selon les
principes suivants: ·
maîtrise
des nuisances; ·
affectation
à des fins économiques limitée, en phase ultime, à 5 % de l’espace
disponible
(environ 480 ha), ce qui suppose la répartition suivante, adaptée à la
ruralité de notre région: zones agricoles: minimum 70%, zones vertes
(maillage écologique): minimum 20%; ZAE: maximum 5%. Quant à l’actuelle
zone de camp à La Bruyère, elle pourrait se transformer en zone d’aménagement
différé (habitat, infrastructures sportives, équipements collectifs); ·
exclusion
d’une ZAE à vocation suprarégionale ou fédérale,
qui demanderait des infrastructures susceptibles de déstructurer notre région,
en tant que partie de la région agro-géographique de Hesbaye telle que définie
par le SDER; ·
implantation
d'une éventuelle zone destinée aux activités économiques de façon à
permettre la réaffectation des sites comprenant déjà des hangars
(militaires) de type industriel; ·
maintien
intégral, voire renforcement, des bosquets entourant actuellement les
installations militaires,
afin d’assurer une intégration paysagère optimale des activités économiques
envisagées; ·
interdiction
d’affecter les zones de sécurité autour de la base à des fins économiques;
elles devraient, par contre, continuer à jouer leur rôle de zone tampon
supplémentaire; ·
éviter
à tout prix une politique du fait accompli ou des méthodes de prospection
privilégiant l’unique reconversion économique ou urbanistique de la base. E.2.3 La transformation de la base en aéroport civil (transport de marchandises – voire de passagers) S’il
y a un cas de figure auquel AEB s’oppose -et s’opposera- fermement, c’est
bien celui-ci, et ce pour deux raisons fondamentales: 1. Parce qu’il s’agirait d’un
bouleversement structural provoquant une rupture totale et irréversible avec le
statut de région agro-géographique dont bénéficie l’Est du Brabant Wallon
en vertu du SDER Ce
statut de région agro-géographique requiert une politique de développement en
symbiose avec cette ruralité, notamment par la préservation des espaces
ouverts. Or, si la ZAE à vocation sous-régionale et locale proposée
actuellement pour le carrefour de La Chise, peut apparaître comme un signe précurseur
-même implicite- de la conversion de la base militaire de Beauvechain en aéroport
de fret, elle “amorcerait” dès à présent la désintégration définitive
de l’Est du Brabant Wallon, en tant que partie de la région agro-géographique
de Hesbaye. En
effet, il suffit de regarder l’impact structural de l’aéroport de Zaventem
sur ses alentours immédiats, pour se rendre compte qu’une telle réaffectation
nécessiterait l’aménagement de voies d’accès (autoroutières,
ferroviaires) depuis les infrastructures existantes (E40/ligne TGV, RN25, voire
E411...). Il va sans dire que ces infrastructures auraient des conséquences désastreuses
pour le vaste plateau agricole situé au nord-est de la base militaire
(comprenant les villages de Beauvechain, de La Bruyère, de Sclimpré, de L’Écluse
- voire d’Opvelp et de Neervelp!), et pour celui -d’une grande valeur paysagère-
situé entre la base et Grez-Doiceau (comprenant le village de Gottechain et le
bois de Beausart). Les abords éclatants du Bois de Beausart...
Un petit paradis terrestre en péril, si la base militaire de Beauvechain était
un jour transformée en aéroport de fret. De
surcroît, une activité aéroportuaire ne manquerait pas de susciter la demande
d’implantation d’une ou de plusieurs zones d’activité économique de
grande distribution, au sens de l’article 31, §1, al. 2, du CWATUP. Compte
tenu des axes de piste actuels, ces zones se situeraient, soit au nord-ouest de
l’aéroport (vers Nodebais donc), soit au sud-est (c’est-à-dire vers Sart-Mélin
ou vers Piétrebais, Happeau et Roux-Miroir - extension de la ZAE actuellement
proposée par l’IBW à La Chise?). N’oublions pas non plus que plusieurs
villages flamands au nord de Beauvechain subiraient, eux aussi, de plein fouet
les nuisances occasionnées par un aéroport de fret. Bref,
reconvertir la base militaire en aéroport de fret reviendrait purement et
simplement à créer un nœud de communication international et, partant, à
transformer notre région rurale en une aire suburbaine de type industriel. De
plus, cette réaffectation provoquerait un éclatement gigantesque de Bruxelles
vers l’est, tandis qu’à l’heure actuelle, l’Est du Brabant Wallon
contribue à mieux cerner les limites de la grande banlieue bruxelloise. Au
lieu de préparer la voie à un développement effréné et irréversible,
n’est-il pas beaucoup plus précieux, à proximité d’un pôle comme
Bruxelles et dans un monde où ruralité, calme et verdure se raréfient, de
conserver un vaste espace réunissant précisément ces caractéristiques?
Devrions-nous vraiment rougir de honte, si un jour notre région était appelée
à offrir un espace de ressourcement à l’homme métropolitain du 21ème siècle,
trop heureux de pouvoir échanger, pour l’instant d’un week-end,
l’environnement artificiel de sa banlieue pour un cadre encore relativement
authentique? C’est dans cette optique que le tourisme diffus (séjours à la
ferme ou chez l’habitant, possibilités de marche ou de VTT, etc.) prend tout
son sens... Pour
AEB, il est clair qu’à long terme, le maintien de la ruralité (qui
n’exclut d’ailleurs pas un développement équilibré d’activités économiques,
comme le démontre son projet de développement alternatif présenté sous le
chapitre D.) finira par constituer en lui-même une richesse économique
durable. Car si le besoin humain de ressourcement semble être éternel, les
tendances économiques et commerciales par contre ont déjà prouvé à de
multiples reprises leur caractère éphémère... Rêveries d’un promeneur
solitaire? Peut-être, mais force est de constater qu’elles paraissent aussi
avoir inspiré le SDER, selon lequel “le développement économique ne doit
plus être considéré comme le seul objectif, mais doit être mis en balance
avec les autres composantes de la qualité de vie d’aujourd’hui et de
demain”[8]. Le même souci se
retrouve d’ailleurs dans le Plan d’Environnement pour le Développement
durable en Région Wallonne, qui reconnaît la nécessité de protéger la
diversité du milieu rural, en précisant notamment que “[l]es nouvelles
affectations (telles que PME, tourisme doux, services,...) doivent être traitées
et organisées de telles (sic) sorte
qu’elles se fassent sans impact significatif sur l’environnement et
qu’elles garantissent le caractère de ruralité.”[9] 2. Parce que nous refusons que nos
communes, dont certaines mènent, notamment dans le cadre des programmes de développement
rural, une politique de sauvegarde de la ruralité que nous apprécions, voient
leurs efforts –en particulier en matière de préservation de l’espace
rural- se retourner contre elles, à cause d’une politique d’aménagement
parfois trop peu rigoureuse autour des aéroports existants, en particulier
celui de Zaventem. L’on
constate en effet que l’étau d’habitations et de zonings industriels autour
de l’aéroport de Zaventem continue à se resserrer (nouveaux zonings le long
de la RN2 Bruxelles-Leuven, nouvelles habitations résidentielles dans quelques
hameaux agricoles éparpillés plus ou moins dans l’axe de piste, entre la RN2
Bruxelles-Leuven et la RN26 Leuven-Malines). Quid si, un jour, un avion s’écrase
dans une de ces zones, provoquant, dans le pire des cas, des victimes au sol?
Si, à ce moment, l’avenir de la base militaire était précaire, la tentation
pourrait être grande de transférer le transport de fret ou une partie de
celui-ci vers Beauvechain, afin de permettre une utilisation plus sûre des
rares espaces non encore fragmentés situés dans les axes de piste autour de
Zaventem. L’Est
du Brabant Wallon ne saurait être considéré comme un simple réservoir de
terrains, dont l’unique but serait de délester l’aéroport de Zaventem, le
jour où celui-ci serait devenu sursaturé à cause d’une politique d’aménagement
incohérente menée sur place. Certes, tout le monde s’accorde à dire que ce
scénario ne se produira pas d’ici dix à vingt ans, mais sa réalisation -même
ultérieure- ne manquerait pas pour autant de rendre dérisoire toute politique
actuelle tendant à un développement économique en symbiose avec la ruralité
de notre région. C’est
pourquoi AEB souhaite vivement que toutes les autorités compétentes en la matière
(c’est-à-dire tant régionales que fédérale) s’efforcent d’ores et déjà
de prendre les mesures d’aménagement qui s’imposent et s’imposeront
autour des aéroports existants (Zaventem, Bierset, Charleroi), de façon à éviter
un scénario dans lequel les mêmes problèmes se déplaceraient éternellement. POINT
DE VUE ET PROPOSITIONS D’AEB AEB
s’oppose -et s’opposera- à tout projet conçu dans le but de permettre,
directement ou indirectement, implicitement ou explicitement, à court ou à
(très) long terme, la transformation de la base militaire en aéroport civil
destiné au transport de fret, et ce pour deux raisons fondamentales: 1.
Pareille réaffectation, de par les infrastructures qu’elle nécessiterait,
signifierait la
fin de la ruralité -pourtant consacrée par le SDER- de notre région.
En effet, dans cette hypothèse, l’Est du Brabant Wallon s’engagerait dans
une voie structuraele
tout à fait différente, à savoir celle d’une suburbanisation rapide de
type industriel (prolifération de voies d’accès et de zones d’activité
économique de grande distribution). A très long terme, la sauvegarde d’un
espace rural à proximité de la capitale de l’Europe (ce qui n’exclut pas
le développement d’activités économiques, comme le démontre le projet de
développement alternatif d'AEB présenté sous le chapitre D.) pourrait
s’avérer d’une valeur -même économique- infiniment plus durable que la
mise en place de structures permettant plus tard une industrialisation aux
conséquences irréversibles. 2.
En cas de réalisation du scénario-“aéroport civil”, nos communes, qui pour la plupart
s’efforcent de sauvegarder leur ruralité, verraient en fin de compte leurs
efforts perdus et se trouveraient pénalisées par une politique d’aménagement
parfois chaotique autour des aéroports existants (surtout Zaventem).
Notre région ne peut être considérée comme un simple réservoir de
terrains destiné à délester un jour l’aéroport de Zaventem. C’est
pourquoi AEB plaide pour la
mise en œuvre rapide d’une politique d’aménagement cohérente, concertée
et durable autour des aéroports de Zaventem, Bierset et Charleroi. Il
faut, en effet, éviter que les erreurs d’aménagement ne se déplacent et
ne se perpétuent.
[1]
AG IBW 1998, p. 12. [2]
Ainsi, lors d’une réunion d’information relative à la base aérienne,
tenue à Hamme-Mille le 16 juin 1999, dans le cadre du Programme Communal de
Développement Rural (PCDR), il est apparu que le domaine gardera sa
vocation militaire pendant au moins encore une décennie. Par ailleurs, les
représentants des autorités militaires ont souligné que le sort de la
base au-delà de cette période relèvera d’une décision politique.
Faut-il en conclure qu’une fois ces dix ans passés, toutes les options (aéroport
civil compris) seront à nouveau ouvertes? L’IBW semble de toute façon sérieusement
tenir compte d’un arrêt ou d’une diminution des activités militaires,
car dans le Projet de Pays rédigé sous son égide pour sept communes de
l’Est du Brabant Wallon, la base de Beauvechain figure parmi les “zones
à valoriser”, ce qui implique une “valorisation directe à long terme
ou indirecte à court terme” (cf. Esquisse
du Plan de développement de l’est du Brabant Wallon (7 communes) - Projet
de Pays, op. cit., p. 12). [3]
D’après les données fournies par le document Commune
de Beauvechain, Schéma de Structure - première partie: situation existante
et évaluation, op. cit., p.
58. [4]
AG IBW 1998, op. cit., p. 6. [5]
C’est du moins ce qui ressort des propos tenus lors de la réunion
d’information relative à la base aérienne (op.
cit.). [6]
Il nous semble également important que les CCAT puissent s’exprimer à ce
sujet. [7]
Celui-ci consacre en effet un chapitre important à la sensibilisation et la
responsabilisation des décideurs, aussi bien que des citoyens. A côté
d’une sensibilisation dès l’école et l’organisation de formations
ciblées, cela implique également le recours à des initiatives de consultation et de concertation
par le biais, notamment, d’une
redynamisation des outils de participation prévus par le CWATUP
(dont les CCAT) et d’une responsabilisation des collectivités locales (SDER, pp.
221-226). [8]
SDER, p. 10. [9]
Plan d’Environnement pour le Développement
durable en Région wallonne, Gouvernement wallon, le Ministère de l’Environnement,
des Ressources naturelles et de l’Agriculture, s.l., mars 1995, p. 124. |
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