La Base militaire
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E.                     L’EVENTUEL AMORCAGE D’UNE ACTIVITE PERIPHERIQUE AUTOUR DE LA BASE MILITAIRE DE BEAUVECHAIN: LES ENJEUX A LONG TERME

 

E.1     Analyse générale du problème

 

Inévitablement, le projet de zone d'activité économique (ZAE) de La Chise (Piétrebais – Incourt), du fait qu'il concerne un site en bordure de la base militaire de Beauvechain, ravive les inquiétudes nées, il y a quelques années, lors de l’apparition soudaine d’un certain nombre de projets visant à convertir l’aérodrome en un aéroport civil (transport de marchandises) et à délester ainsi Zaventem. L’objectif -assez vague- de l'Intercommunale du Brabant Wallon (IBW) de permettre “l’amorçage d’une activité périphérique autour de la base de Beauvechain”[1], pourrait bien inclure cette possibilité, sinon dans l’immédiat, du moins à long terme (20 ans par exemple).[2] Quoi qu’il en soit, et même si rien ne semble décidé pour l’instant, la question de l’avenir de la base soulève suffisamment de problèmes majeurs pour que nous nous y attardions.

 

E.2     Trois scénarios possibles pour l'avenir de la base

 

En ce qui concerne l’avenir de la base à long terme, il existe à notre avis trois hypothèses:

1.    Le maintien intégral ou partiel de l’activité militaire

2.    La désaffectation totale de la base et des infrastructures aériennes

3.    La transformation de la base en aéroport civil (transport de marchandises)

 

E.2.1         Le maintien intégral ou partiel de l’activité militaire

 

Ces derniers temps, les rumeurs foisonnent selon lesquelles les jours de la base militaire de Beauvechain sont comptés. Pourtant, sans prétendre avoir une quelconque aptitude à faire de la stratégie militaire, il nous semble que l’hypothèse d’un maintien (intégral ou partiel) des activités militaires n’est pas à exclure.

 

Il se pourrait donc que Beauvechain continue à jouer son rôle actuel d’école d’aviation militaire et, le cas échéant, de base d’appui. Même le scénario d’une revalorisation militaire de la base ne nous paraît pas irréaliste. Il est à noter que cette hypothèse pourrait se présenter au cas où l’aéroport militaire de Melsbroek (contigu à Brucargo et actuellement la propriété de l’OTAN) connaîtrait une réaffectation commerciale, afin de répondre à la croissance du trafic de marchandises à Zaventem. Une telle reconversion pourrait impliquer le transfert intégral des activités militaires de Melsbroek à Beauvechain (et, partant, l’arrivée de C130, airbus militaires etc.).

 

Dans le cadre de notre projet de développement alternatif pour l'Est du Brabant Wallon (cf. supra, chapitre D), ainsi que des constats sous-tendant celui-ci (cf. supra, chapitre C), nous avons estimé qu'une ZAE au carrefour de La Chise ne se justifie nullement à l'heure actuelle. En effet, comme nous l'avons argué sous le point C.2.3., ce zoning porterait le degré de dispersion des ZAE à un niveau incompatible avec une région qualifiée d'agro-géographique par le Schéma de Développement de l'Espace Régional (SDER), approuvé par le Gouvernement Wallon le 27 mai 1999. Dans le même ordre d'idées, nous avons soulevé des objections quant à la part du territoire de l'Est du Brabant Wallon occupée par les ZAE existantes, ainsi que par les nouvelles ZAE proposées par l'Intercommunale (dont celle de La Chise). En effet, en cas de réalisation du projet de renforcement économique de l'IBW, la superficie en ZAE risque, selon AEB, de mettre en danger la ruralité de notre région – sinon dans l'immédiat, du moins à long terme (cf. supra, point C.2.4.). De plus, les besoins en terrains "industriels" nous ont semblé largement surestimés, car l'IBW prévoit 7 à 8 hectares par an pour l'Est du Brabant Wallon pendant les dix ans à venir – soit sept fois plus que la surface annuellement remplie en moyenne dans notre région durant les décennies précédentes (cf. supra, point C.2.5.). Partisane d'un développement économique adapté aux spécificités de l'Est du Brabant Wallon -ce qui passe par la préservation de la ruralité-, notre association a proposé (dans son projet de développement alternatif) un potentiel en ZAE de 2 à 3 hectares par an – chiffre tenant compte à la fois du taux de remplissage des ZAE dans le passé, du regain de dynamisme enregistré en Wallonie et des ZAE existantes dans les sous-régions limitrophes (cf. supra, points C.2.5. et D.4.2.5.).

 

Les objections soulevées ci-dessus prennent, selon nous, tout leur sens en ce qui concerne le projet de ZAE de la Chise. En effet, dans le scénario d'un maintien intégral ou partiel de l'activité militaire, nous n'estimons pas souhaitable d'augmenter encore, par un cumul d'activités militaires et économiques, les diverses formes de pression que subit déjà notre région, allant de la pression démographique aux désagréments causés par les activités militaires, en passant par les menaces pesant sur la convivialité de nos villages.

 

 

Le règne des avions militaires dans l’espace aérien de Beauvechain s’éteindra-t-il en 2010? Pas sûr...

 

 

POINT DE VUE ET PROPOSITIONS D’AEB

·     Notre association n’est aucunement demandeuse de la cessation des activités militaires à Beauvechain. En ce qui concerne les nuisances actuelles, ou leur aggravation si le rôle militaire de la base était un jour revalorisé (par exemple, pour recueillir les activités militaires déployées jusqu’à nouvel ordre à Melsbroek), nous nous réjouissons de la mise en place récente, dans le cadre du programme de développement rural de la commune de Beauvechain, d’une cellule de liaison ayant pour vocation d’apporter des solutions en la matière, par le biais d’un dialogue entre riverains et militaires.

·     Comme nous l'avons argué de façon circonstanciée dans les chapitres C et D, une ZAE à La Chise, telle que proposée actuellement par l'IBW, ne se justifie nullement à l'heure actuelle. En effet, ce projet de ZAE, tout comme d'autres projets de nouvelles ZAE actuellement présentés, ne semble pas compatible avec la ruralité de l'Est du Brabant Wallon, désormais attestée par le Schéma de Développement de l'Espace Régional (SDER) qui fut approuvé par le Gouvernement Wallon le 27 mai 1999. Non seulement, les ZAE situées dans les sous-régions limitrophes paraissent avoir été oubliées, mais il se poserait aussi des problèmes en ce qui concerne le degré de dispersion des ZAE (déjà largement suffisant pour notre région – cf. supra, point C.2.3.), la superficie en ZAE par rapport à la superficie de l'Est du Brabant Wallon (cf. supra, point C.2.4.) et le potentiel annuel en ZAE proposé par l'Intercommunale. Celui-ci semble avoir été largement surestimé, du moins en le comparant avec les taux de remplissage constatés dans les ZAE de l'Est du Brabant Wallon durant les dernières décennies (cf. supra, point C.2.5.). Toutes ces objections nous semblent davantage encore justifiées dans l'hypothèse (actuellement la plus probable) du maintien (intégral ou partiel) des activités militaires à la base de Beauvechain. En effet, le cumul d’une activité économique d’envergure d’une part, et d’une activité militaire -réduite ou renforcée- d’autre part, constituerait une menace supplémentaire pour la ruralité de notre région, déjà tant soumise à des pressions de toutes sortes (nuisances dues au survol des villages, pression démographique, perte de convivialité,...).

 

E.2.2         La désaffectation totale de la base et de ses infrastructures aériennes

 

Si, un jour, la base perdait sa pertinence stratégique, il se pourrait que les quelque 480 hectares disponibles[3] soient appelés à recevoir une affectation ne présentant plus aucun lien avec n’importe quelle activité aérienne. Dans cette hypothèse, la tentation d’y implanter des entreprises -voire des industries polluantes- serait grande.

 

Au cas où cette éventualité deviendrait réalité, AEB demande que soient respectés au moins les principes d’aménagement suivants:

·     toute réaffectation devrait s’accompagner d’une maîtrise des nuisances (bruit, nuisances visuelles, pollution de l’air...), et ce par la mise en œuvre d’un réaménagement judicieux et concerté;

·     l’affectation à des fins économiques ne devrait en aucun cas concerner la surface totale de la base. Par contre, l’espace libéré devrait être partagé de façon équilibrée entre les fonctions suivantes: zones agricoles (minimum 70%), zones vertes (minimum 20%, de façon à former un maillage écologique cohérent), zone d’activité économique (maximum 5% en phase ultime). Quant à l’actuelle zone de camp dans le hameau de La Bruyère, elle pourrait se transformer en zone d’aménagement différé, destinée prioritairement à l’extension de l’habitat et accessoirement aux équipements publics (y compris infrastructures sportives).

Cette répartition tient compte de la qualité de région agro-géographique conférée à l'Est du Brabant Wallon par le SDER, sans pour autant exclure la création d’emplois, notamment de proximité, par le biais d’activités économiques (l'on se souviendra à cet égard des points B.1.1. et B.1.8.). Il va de soi qu’une zone d’accueil des entreprises devrait être réalisée en phases et dans une optique à long terme, tout développement effréné mettant gravement en péril la ruralité de la région (perte de surfaces agricoles, tertiairisation des activités, pression démographique trop importante et trop brusque, risque d’éclatement de nos villages, intensification incontrôlée du trafic,...);

·     en conséquence du point précédent, tout développement économique à vocation suprarégionale ou fédérale devrait être exclu. En effet, une ZAE de cette portée demanderait à être “située le long d’un important axe routier”.[4] Or, toute construction d’un tel axe (puisqu'il n'existe pas à l'heure actuelle) ou toute transformation en ce sens des routes existantes amorcerait un développement incompatible avec la ruralité de notre région;

·     en outre, les éventuelles activités économiques prévues en cas de désaffectation totale de la base devraient être aménagées dans la partie du domaine où se trouvent déjà la plupart des bâtiments (militaires) de type industriel, et ce de façon à assurer une réaffectation dans l'esprit de celle préconisée par la Région Wallonne en matière d'anciennes friches industrielles;

·     pour des raisons paysagères, les bosquets et la végétation en bordure de la base devraient en tout état de cause êtres maintenus, voire renforcés, car, déjà aujourd’hui, ils constituent un écran de verdure “naturel” permettant une intégration presque parfaite des hangars militaires;

·     dans le même ordre d’idées, les zones de sécurité définies autour de certaines parties de la base (dépôt de munitions du côté de Nodebais et de Tourinnes-la-Grosse, axe de piste vers Piétrebais), ne devraient en aucune façon être concernées par la réaffectation. Par contre, leur vocation agricole devrait être maintenue à part entière, car elles constitueraient une zone tampon supplémentaire autour des activités économiques éventuellement déployées;

·     enfin, il est clair que le scénario de réaménagement décrit ci-dessus, exclut qu’en cas de désaffectation -même partielle- du domaine militaire, l’on vende celui-ci au plus offrant, comme c’est apparemment le cas de la base désaffectée de Brustem.[5] Pareille technique entraverait tout réaménagement judicieux, car elle privilégierait une reconversion purement économique – voire urbanistique. Idéalement, toute décision de réaménagement devrait faire l’objet d’une concertation entre les différents niveaux de pouvoir concernés (le fédéral comme propriétaire actuel, le régional vu sa compétence en matière d’aménagement du territoire et d’économie, le communal comme premier concerné des conséquences d’un réaménagement[6]). Se souvenant des projets d’aéroport de fret “tombés du ciel” il y a quelques années, AEB estime qu’il serait hautement inopportun -voire inacceptable- que l’un ou l’autre investisseur en quête d’une bonne affaire à long terme (société aérienne, société d’investissement, société immobilière...), cherche, dès à présent, à l’insu des autorités communales et de la population, à obtenir une sorte de droit de préemption -fût-il officieux- sur l’ensemble ou une partie du domaine militaire, afin de pouvoir y déployer immédiatement des activités économiques ou des projets urbanistiques en cas de fermeture -même lointaine- de la base. Non seulement, une telle politique relèverait du fait accompli, mais elle irait aussi à l’encontre de l’esprit d’ouverture vis-à-vis de la population, tel que prôné par le SDER.[7]

 

POINT DE VUE ET PROPOSITIONS D’AEB

Dans le cas -hypothétique à présent- d’une désaffectation totale de la base et de ses infrastructures aériennes, AEB souhaite une réaffectation selon les principes suivants:

·     maîtrise des nuisances;

·     affectation à des fins économiques limitée, en phase ultime, à 5 % de l’espace disponible (environ 480 ha), ce qui suppose la répartition suivante, adaptée à la ruralité de notre région: zones agricoles: minimum 70%, zones vertes (maillage écologique): minimum 20%; ZAE: maximum 5%. Quant à l’actuelle zone de camp à La Bruyère, elle pourrait se transformer en zone d’aménagement différé (habitat, infrastructures sportives, équipements collectifs);

·     exclusion d’une ZAE à vocation suprarégionale ou fédérale, qui demanderait des infrastructures susceptibles de déstructurer notre région, en tant que partie de la région agro-géographique de Hesbaye telle que définie par le SDER;

·     implantation d'une éventuelle zone destinée aux activités économiques de façon à permettre la réaffectation des sites comprenant déjà des hangars (militaires) de type industriel;

·     maintien intégral, voire renforcement, des bosquets entourant actuellement les installations militaires, afin d’assurer une intégration paysagère optimale des activités économiques envisagées;

·     interdiction d’affecter les zones de sécurité autour de la base à des fins économiques; elles devraient, par contre, continuer à jouer leur rôle de zone tampon supplémentaire;

·     éviter à tout prix une politique du fait accompli ou des méthodes de prospection privilégiant l’unique reconversion économique ou urbanistique de la base.

 

E.2.3         La transformation de la base en aéroport civil (transport de marchandises – voire de passagers)

 

S’il y a un cas de figure auquel AEB s’oppose -et s’opposera- fermement, c’est bien celui-ci, et ce pour deux raisons fondamentales:

 

1. Parce qu’il s’agirait d’un bouleversement structural provoquant une rupture totale et irréversible avec le statut de région agro-géographique dont bénéficie l’Est du Brabant Wallon en vertu du SDER

 

Ce statut de région agro-géographique requiert une politique de développement en symbiose avec cette ruralité, notamment par la préservation des espaces ouverts. Or, si la ZAE à vocation sous-régionale et locale proposée actuellement pour le carrefour de La Chise, peut apparaître comme un signe précurseur -même implicite- de la conversion de la base militaire de Beauvechain en aéroport de fret, elle “amorcerait” dès à présent la désintégration définitive de l’Est du Brabant Wallon, en tant que partie de la région agro-géographique de Hesbaye.

 

En effet, il suffit de regarder l’impact structural de l’aéroport de Zaventem sur ses alentours immédiats, pour se rendre compte qu’une telle réaffectation nécessiterait l’aménagement de voies d’accès (autoroutières, ferroviaires) depuis les infrastructures existantes (E40/ligne TGV, RN25, voire E411...). Il va sans dire que ces infrastructures auraient des conséquences désastreuses pour le vaste plateau agricole situé au nord-est de la base militaire (comprenant les villages de Beauvechain, de La Bruyère, de Sclimpré, de L’Écluse - voire d’Opvelp et de Neervelp!), et pour celui -d’une grande valeur paysagère- situé entre la base et Grez-Doiceau (comprenant le village de Gottechain et le bois de Beausart).

 

Les abords éclatants du Bois de Beausart... Un petit paradis terrestre en péril,

si la base militaire de Beauvechain était un jour transformée en aéroport de fret.

 

De surcroît, une activité aéroportuaire ne manquerait pas de susciter la demande d’implantation d’une ou de plusieurs zones d’activité économique de grande distribution, au sens de l’article 31, §1, al. 2, du CWATUP. Compte tenu des axes de piste actuels, ces zones se situeraient, soit au nord-ouest de l’aéroport (vers Nodebais donc), soit au sud-est (c’est-à-dire vers Sart-Mélin ou vers Piétrebais, Happeau et Roux-Miroir - extension de la ZAE actuellement proposée par l’IBW à La Chise?). N’oublions pas non plus que plusieurs villages flamands au nord de Beauvechain subiraient, eux aussi, de plein fouet les nuisances occasionnées par un aéroport de fret.

 

Bref, reconvertir la base militaire en aéroport de fret reviendrait purement et simplement à créer un nœud de communication international et, partant, à transformer notre région rurale en une aire suburbaine de type industriel. De plus, cette réaffectation provoquerait un éclatement gigantesque de Bruxelles vers l’est, tandis qu’à l’heure actuelle, l’Est du Brabant Wallon contribue à mieux cerner les limites de la grande banlieue bruxelloise.

 

Au lieu de préparer la voie à un développement effréné et irréversible, n’est-il pas beaucoup plus précieux, à proximité d’un pôle comme Bruxelles et dans un monde où ruralité, calme et verdure se raréfient, de conserver un vaste espace réunissant précisément ces caractéristiques? Devrions-nous vraiment rougir de honte, si un jour notre région était appelée à offrir un espace de ressourcement à l’homme métropolitain du 21ème siècle, trop heureux de pouvoir échanger, pour l’instant d’un week-end, l’environnement artificiel de sa banlieue pour un cadre encore relativement authentique? C’est dans cette optique que le tourisme diffus (séjours à la ferme ou chez l’habitant, possibilités de marche ou de VTT, etc.) prend tout son sens...

 

Pour AEB, il est clair qu’à long terme, le maintien de la ruralité (qui n’exclut d’ailleurs pas un développement équilibré d’activités économiques, comme le démontre son projet de développement alternatif présenté sous le chapitre D.) finira par constituer en lui-même une richesse économique durable. Car si le besoin humain de ressourcement semble être éternel, les tendances économiques et commerciales par contre ont déjà prouvé à de multiples reprises leur caractère éphémère... Rêveries d’un promeneur solitaire? Peut-être, mais force est de constater qu’elles paraissent aussi avoir inspiré le SDER, selon lequel “le développement économique ne doit plus être considéré comme le seul objectif, mais doit être mis en balance avec les autres composantes de la qualité de vie d’aujourd’hui et de demain”[8]. Le même souci se retrouve d’ailleurs dans le Plan d’Environnement pour le Développement durable en Région Wallonne, qui reconnaît la nécessité de protéger la diversité du milieu rural, en précisant notamment que “[l]es nouvelles affectations (telles que PME, tourisme doux, services,...) doivent être traitées et organisées de telles (sic) sorte qu’elles se fassent sans impact significatif sur l’environnement et qu’elles garantissent le caractère de ruralité.”[9]

 

2. Parce que nous refusons que nos communes, dont certaines mènent, notamment dans le cadre des programmes de développement rural, une politique de sauvegarde de la ruralité que nous apprécions, voient leurs efforts –en particulier en matière de préservation de l’espace rural- se retourner contre elles, à cause d’une politique d’aménagement parfois trop peu rigoureuse autour des aéroports existants, en particulier celui de Zaventem.

 

L’on constate en effet que l’étau d’habitations et de zonings industriels autour de l’aéroport de Zaventem continue à se resserrer (nouveaux zonings le long de la RN2 Bruxelles-Leuven, nouvelles habitations résidentielles dans quelques hameaux agricoles éparpillés plus ou moins dans l’axe de piste, entre la RN2 Bruxelles-Leuven et la RN26 Leuven-Malines). Quid si, un jour, un avion s’écrase dans une de ces zones, provoquant, dans le pire des cas, des victimes au sol? Si, à ce moment, l’avenir de la base militaire était précaire, la tentation pourrait être grande de transférer le transport de fret ou une partie de celui-ci vers Beauvechain, afin de permettre une utilisation plus sûre des rares espaces non encore fragmentés situés dans les axes de piste autour de Zaventem.

 

L’Est du Brabant Wallon ne saurait être considéré comme un simple réservoir de terrains, dont l’unique but serait de délester l’aéroport de Zaventem, le jour où celui-ci serait devenu sursaturé à cause d’une politique d’aménagement incohérente menée sur place. Certes, tout le monde s’accorde à dire que ce scénario ne se produira pas d’ici dix à vingt ans, mais sa réalisation -même ultérieure- ne manquerait pas pour autant de rendre dérisoire toute politique actuelle tendant à un développement économique en symbiose avec la ruralité de notre région.

 

C’est pourquoi AEB souhaite vivement que toutes les autorités compétentes en la matière (c’est-à-dire tant régionales que fédérale) s’efforcent d’ores et déjà de prendre les mesures d’aménagement qui s’imposent et s’imposeront autour des aéroports existants (Zaventem, Bierset, Charleroi), de façon à éviter un scénario dans lequel les mêmes problèmes se déplaceraient éternellement.

 

POINT DE VUE ET PROPOSITIONS D’AEB

AEB s’oppose -et s’opposera- à tout projet conçu dans le but de permettre, directement ou indirectement, implicitement ou explicitement, à court ou à (très) long terme, la transformation de la base militaire en aéroport civil destiné au transport de fret, et ce pour deux raisons fondamentales:

1.    Pareille réaffectation, de par les infrastructures qu’elle nécessiterait, signifierait la fin de la ruralité -pourtant consacrée par le SDER- de notre région. En effet, dans cette hypothèse, l’Est du Brabant Wallon s’engagerait dans une voie structuraele tout à fait différente, à savoir celle d’une suburbanisation rapide de type industriel (prolifération de voies d’accès et de zones d’activité économique de grande distribution). A très long terme, la sauvegarde d’un espace rural à proximité de la capitale de l’Europe (ce qui n’exclut pas le développement d’activités économiques, comme le démontre le projet de développement alternatif d'AEB présenté sous le chapitre D.) pourrait s’avérer d’une valeur -même économique- infiniment plus durable que la mise en place de structures permettant plus tard une industrialisation aux conséquences irréversibles.

2.    En cas de réalisation du scénario-“aéroport civil”, nos communes, qui pour la plupart s’efforcent de sauvegarder leur ruralité, verraient en fin de compte leurs efforts perdus et se trouveraient pénalisées par une politique d’aménagement parfois chaotique autour des aéroports existants (surtout Zaventem). Notre région ne peut être considérée comme un simple réservoir de terrains destiné à délester un jour l’aéroport de Zaventem.

C’est pourquoi AEB plaide pour la mise en œuvre rapide d’une politique d’aménagement cohérente, concertée et durable autour des aéroports de Zaventem, Bierset et Charleroi. Il faut, en effet, éviter que les erreurs d’aménagement ne se déplacent et ne se perpétuent.

 

 


[1] AG IBW 1998, p. 12.

[2] Ainsi, lors d’une réunion d’information relative à la base aérienne, tenue à Hamme-Mille le 16 juin 1999, dans le cadre du Programme Communal de Développement Rural (PCDR), il est apparu que le domaine gardera sa vocation militaire pendant au moins encore une décennie. Par ailleurs, les représentants des autorités militaires ont souligné que le sort de la base au-delà de cette période relèvera d’une décision politique. Faut-il en conclure qu’une fois ces dix ans passés, toutes les options (aéroport civil compris) seront à nouveau ouvertes? L’IBW semble de toute façon sérieusement tenir compte d’un arrêt ou d’une diminution des activités militaires, car dans le Projet de Pays rédigé sous son égide pour sept communes de l’Est du Brabant Wallon, la base de Beauvechain figure parmi les “zones à valoriser”, ce qui implique une “valorisation directe à long terme ou indirecte à court terme” (cf. Esquisse du Plan de développement de l’est du Brabant Wallon (7 communes) - Projet de Pays, op. cit., p. 12).

[3] D’après les données fournies par le document Commune de Beauvechain, Schéma de Structure - première partie: situation existante et évaluation, op. cit., p. 58.

[4] AG IBW 1998, op. cit., p. 6.

[5] C’est du moins ce qui ressort des propos tenus lors de la réunion d’information relative à la base aérienne (op. cit.).

[6] Il nous semble également important que les CCAT puissent s’exprimer à ce sujet.

[7] Celui-ci consacre en effet un chapitre important à la sensibilisation et la responsabilisation des décideurs, aussi bien que des citoyens. A côté d’une sensibilisation dès l’école et l’organisation de formations ciblées, cela implique également le recours à des initiatives de consultation et de concertation  par le biais, notamment, d’une redynamisation des outils de participation prévus par le CWATUP (dont les CCAT) et d’une responsabilisation des collectivités locales (SDER, pp. 221-226).

[8] SDER, p. 10.

[9] Plan d’Environnement pour le Développement durable en Région wallonne, Gouvernement wallon, le Ministère de l’Environnement, des Ressources naturelles et de l’Agriculture, s.l., mars 1995, p. 124.

 
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